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smala

De la Smala, il ne reste rien ou presque, quelques documents comme autant de possibilités de cette ville nomade conçue pour et dans la guerre contre la colonisation française de l'Algérie au XIXe siècle. Ce sont ces différentes possibilités que nous venons interroger dans chacune des villes où son « architecte » Abd el Kader fut emprisonné.




♦ LA VILLE NECESSAIRE

Ou l'autre forme du développement urbain d'Alger

Visite du bidonville d'Aïnadja.

Nous avions déjà croisé des tentes, bâches bleues tendues sur "l'espace public" fils de la colonisation. Nous les avions croisées, encore, squats sur les terrasses de la Casbah dont la valeur patrimoniale méconnue est sans doute l'hospitalité. Nous avions approché de nouveau cette ville qui pousse, poussée par ceux qui manquent de place dans la ville existante, ceux qui dorment à tour de rôle dans des lits. Nous découvrions la ville qui bouge, la ville en mouvement. c'est la ville marginale, traitée avec guère plus de précaution que le militaire français du XIXe siècle traitait la périphérie de la Smala : "quelques arabes attirés par les opportunités".
Ici aussi, aujourd'hui, dans la capitale actuelle, on identifie souvent les habitants de ses toits de bâches ou de tôles comme des opportunistes, venus de "l'intérieur". A visiter ces lieux, rencontrer leurs habitants, une tout autre image pourtant, auto-organisation, débrouille et... des gens d'Alger pour la plupart fuyant la pénurie de logement des quartiers comme Bab El Oued ou la Casbah.

"Anomalie" répond l'autorité. La ville, pour beaucoup, nécessaire.

"Nous aussi on a le droit à ALger!" répond à son tour notre guide...






Ici, pourtant, se reconstruit une urbanité aux racines pré-coloniales

♦ Quelle forme urbaine prend l'exode

L'étranger de l'intérieur.

C'est la figure centrale du “problème” urbain, le noeud. Désincarné en analyses lointaines ou proches, idéologisées au sens ou Barthes entend l'idéologie « le moment où la conscience disparaît ». C'est l'autre au pluriel, le « ils » dont il faut se méfier, dont on vous donne les clefs plus ou moins grosses pour l'approcher. « ils » vient d'ailleurs, transforme Alger en Sahara, réagit de manière imprévisible. « ils » est l'habitant du bidonville, le squatteur de toit de la casbah. Celui qui plusieurs fois revend son appartement offert par l'état pour sans cesse retourner dans son bidonville, sa baraque. « ils » vit là mais possède une grosse voiture.

« ils » est l'étranger réel ou fantasmé de l'intérieur.

La smala, selon Etienne encore est la forme urbaine de l'exode. Ici, la forme urbaine de l'exode est le bidonville, le squat.

Si on découpe le phénomène en ligne de temps, on aurait un premier exode post-révolution, un autre sécuritaire de gens fuyant les horreurs de la décennie noire et enfin le flou d'un exode opportuniste.

Ces étrangers de l'intérieur, le flou concernant leurs lieux, aussi vite évacué que l'est la périphérie de la smala résumée en quelques lignes « des arabes profitant des opportunités offertes par la capitale mobile ».

Le non représenté.

♦ présentation d'étape

Le 19 avril, à la gare franche, une présentation d'étape du travail en train de se faire au plan d'Aou. Ces affiches ont été réalisées à partir des entretiens et ateliers menés avec les habitants du plan d'Aou.

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♦ Trois jours à Belsunce

Du 9 au 11 avril à La Compagnie dans le quartier Belsunce au centre de Marseille. Trois jours de rencontres et d'entretiens et un premier inventaire des signes religieux dans le quartier. (Photographies d'Elsa Vanzande)

Belsunce, avril 2010

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♦ La smala comme schéma exotérique : Monsieur Djebli

Il est dans le jardin de la gare franche, attend que la porte lui donnant accès à sa parcelle s'ouvre.



« Moi, je crois que l'important dans la smala c'est le cercle. Le recommencement de tout. Comme le cycle de la résurrection.
On tourne.
On tourne autour de la Kaaba à la mecque. Au ciel c'est pareil, je ne sais plus si c'est au septième, il y a une autre Mecque autour de laquelle les anges tournent ou qu’ils traversent. Je ne sais plus. »

« le cycle, le cercle de l'univers, les ciels qu'on découvre aujourd'hui avec le satellite Hubble par exemple. »

« Cette histoire de soufisme aussi, ça m'intéresse.
Des confréries ?
Non, ce n'est pas utile. On peut le faire chez soi. On s'assoit. On médite. Vous savez comme en inde, les fakirs. »

♦ les hommes du plan d'Aou

Notes des premières rencontres avec M. Mze, M. Djebli ; les imams du plan d'Aou, et M. Feghaoui le 20 octobre 2009

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♦ Daira. Cercle. Table

Immeuble désaffecté, vide, rez de chaussée droite : l'association des femmes du plan d'Aou. Ce local, c’est le lieu de rencontre des femmes. « On est entrain de faire du rangement, parce qu’en ce moment elles n’ont plus rien pour s’asseoir, pour discuter. Avant il y avait les petites tables, où on pouvait poser le café, les biscuits, disposés les sièges autour. Aujourd’hui il y a de la nourriture sur les tables. On ne voit même plus les meubles tellement on a de choses » Souad

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♦ Marseille, présentation du projet Smala

projet Smala à Marseille, sur les traces d'Abd el Kader

11 janvier 2010 : premier jour de résidence d'Echelle Inconnue à la Gare Franche, premier jour des ateliers à Marseille.
11 janvier 2010, 18h : Rencontre à « la Compagnie » pour une présentation du projet Smala, sur les traces d'Abd El Kader en France dans les villes de son incarcération.

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♦ Marseille, premières intentions

le 21 décembre 1852 le Labrador, qui emmène toute la famille d'Abd el Kader, quitte le port de Marseille et fait route pour la Turquie. Cinq ans auparavant, presque jour pour jour, le 29 décembre 1848, Abd el Kader et sa suite entrent en rade de Toulon. Le dix janvier ils sont séparés en deux groupes : les uns sont placés au fort Malbousquet tandis qu'Abd el Kader et ses proches sont incarcérés au fort Lamalgue.

Entrée et sortie du territoire français pour l'architecte de la smala arrivé comme l'ennemi honni en 1848 et repartant acclamé en héros positif en 1852.

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Smala / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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