“je veux sauter un mur” elle le dit en sourire d'enfant. Nous aussi. Sauter, s'échapper, franchir, leur laisser la ville. S'extraire, loin de leur « faites attention », leur complot érigé en remplacement de la pensée politique, de la pensée tout court. Atteindre une certaine qualité de vide, loin même des zaouias.

Nous travaillons peut-être depuis trop longtemps sur des hypothèses de la smala écrites par d'autres. Temps, pour nous aujourd'hui d'écrire la notre. Ici, c'est évident. Smala nécessaire. La smala, au delà de la parabole est une posture : laisser la ville aux autres, à leur contrôle et urbanisme chaotique faisant pousser à 15 km de toute école des cités carcérales sorties de nulle part comme des poings absurdes répondant à l'enjeu du construire vite et bien ; de la ville nouvelle pour désengorger la ville vieille et la laisser à la patrimonialisation internationale ; de la surveillance vidéo et du contrôle, enracinés dans les cicatrices des victimes pour s'exercer sur elles-mêmes.

Smala, telle que nous l'inventons ici ou la pensons nécessaire est une posture. Franchir le mur. Pas une prise de pouvoir, mais au contraire le laisser. Des souverainetés individuelles franchissant le mur par paquet. Comme déjà cela se fait par la drogue, le fric, le cimetière, l'alcool ou la prière.

« depuis combien de temps êtes-vous ici ? Deux mois ? Alors vous n'avez rien vu ». Quelques copains, amis, frères peut-être :notre zmala et nous rejoignons peu à peu leur consternation.

Pas de printemps ici...

khelwi transgressif !

La ville quittant la ville. La ville moins la ville, se soustrayant.

Voilà, smala ici. Le pas de côté, l'aventure inentendable du mur, barbelés et tessons de bouteilles franchis. Cette smala relit même les salauds. Ne se bat pas contre le mur mais le contourne le saute en jeu enfantin et souverain.

Ni un groupe, ni une association, un nous multiple et diffus. Puisque comme le dit Hakim Bey : « Tôt ou tard, la découverte de son être propre métamorphose l’individu en brigand. »