attentat

Je dois appeler Nasser depuis quelques heures déjà et je continue pourtant à vider mon ordinateur. Pour tromper l'ennui, remplir le silence du bureau que j'occupe dans l'université déserte, je me connecte à France Info. Et là, ça tombe : nouveaux attentats en Algérie : 23 morts, 169 blessés. L'ex GSPC reconverti en Al Qaïda pour le Magrheb. Je repense aux phrases confiantes d'Hamid, il y a un an, sur les femmes qui ont sorti l'Algérie de la violence et qui la ressortiront. Je repense aussi à celle de Moustapha sur l'assassinat de ses deux amis, de la colère qui monte lorsqu'il parle de sa chemise tachée de leurs cerveau.

Et là ?

Ça recommence ?

J'appelle Nasser. Il est abattu, il devait partir quelques jours à Alger pour, disait-il, « effacer les mauvais souvenirs qu'il a laissé là-bas ».

Ses billets d'avion ne peuvent être échangés.

On se voit demain.