En 2004, Andrée Bensoussan réalise à Toulon une exposition sur Abd El Kader. Au cours de ses recherches, elle exhume des archives d’Outre Mer d’Aix en Provence, plusieurs cartons. Dans ceux-ci, des lettres écrites au fort Lamalgue à Toulon ; échanges entre les différents géoliers du fort et le ministre de la guerre, correspondances entre les prisonniers algériens et leur famille restée en Algérie, ou encore requète de l’Emir auprès des autorités françaises.

Ces archives rares constituent un bien précieux que nous désirons remettre en partage ici dans le quartier Berthe. Ces lettres parlent d’enfermement, de déracinement, de mensonges d’état, des déplacements de l’Emir, de gestion d’une population captive, des désirs d’artistes d’immortaliser le grand homme, de la vie quotidienne dans l’insularité, de l’administration.

Comment s’en ressaisit-on ici 163 ans plus tard ? En quoi cette correspondance à peine exhumée, comme une série de lettres arrivées en retard à leurs destinataires, fait échos à des réalités sociales, urbaines et politiques ?