Au moins un pourtant.

« Des Algériens à Pau ? Il n'y en a pas » nous disait un politique local lors d'une de nos premières visites ici.

Au moins un pourtant.

Pas d'algérien, en langage politique, ça veut donc dire que statistiquement la population algérienne n'est pas représentative. Cela peut également signifier que, moins de 100 familles, c'est politiquement « rien ».

Au moins un pourtant.

Il était passé en novembre à l'université où il avait laissé ses coordonnées qui se sont perdues dans les limbes du web. Le même dont le numéro m'avait été communiqué par une connaissance le lendemain de mon arrivée.

Mais voilà, le travail avec les étudiants de l'Ecole Supérieure d'Art et de la Communication, la journée d'étude à l'Université de Pau sur les bibliothèques, les rdv pour tenter d'expliquer que vouloir travailler avec des Algériens ici ce n'est pas prôner le communautarisme, mais c'est penser que nous sommes des personnages historiques, que l'Immigation n'existe pas, mais qu'il s'agit toujours d'histoires particulières... et le numéro de téléphone me sort de la tête.

Il me revient enfin, il y a deux jours.

J'appelle : « Ah, il était temps que tu m'appelles ! Ça fait des mois ! »

On se rencontre le soir même. Il parle d'Abd el Kader.

J'y reviendrai.