smala

♦ Installation à Berlioz

Mise en place de l'exposition-rencontre à la MJC Berlioz.

Berlioz, installation

Berlioz, installation

Berlioz, installation

♦ ELECTIONS PRESIDENTIELLES

REPONDS A LA QUESTION "QUI T'A LIBERE" ET TON BULLETIN SERA ECRIT.

A chaque fois, la présence d'Abd el Kader dans une ville semble interroger notre actualité.

Le 16 octobre 1852, Louis Napoléon Bonaparte vient en personne à Amboise annoncer à Abd el Kader et à sa suite la fin de leur captivité. Voulant le remercier, ceux-ci demandent à participer aux premières élections présidentielles de l’Histoire de France afin de voter pour lui. Le droit de vote leur sera accordé et les hommes de la suite d’Abd el Kader prendront le chemin de l’isoloir. Il y a cent cinquante ans donc, plusieurs dizaines d’étrangers participaient à l’élection du premier Président de la République de notre Histoire.

Par ce geste, peut-être nous enseignent-ils ceci : le bulletin de vote est un petit cadeau fait à celui qui vous libère.

Affiches 200 ex collées dans la ville le 21 04 07



♦ La radio

attentat

Je dois appeler Nasser depuis quelques heures déjà et je continue pourtant à vider mon ordinateur. Pour tromper l'ennui, remplir le silence du bureau que j'occupe dans l'université déserte, je me connecte à France Info. Et là, ça tombe : nouveaux attentats en Algérie : 23 morts, 169 blessés. L'ex GSPC reconverti en Al Qaïda pour le Magrheb. Je repense aux phrases confiantes d'Hamid, il y a un an, sur les femmes qui ont sorti l'Algérie de la violence et qui la ressortiront. Je repense aussi à celle de Moustapha sur l'assassinat de ses deux amis, de la colère qui monte lorsqu'il parle de sa chemise tachée de leurs cerveau.

Et là ?

Ça recommence ?

J'appelle Nasser. Il est abattu, il devait partir quelques jours à Alger pour, disait-il, « effacer les mauvais souvenirs qu'il a laissé là-bas ».

Ses billets d'avion ne peuvent être échangés.

On se voit demain.

♦ « Des Algériens à Pau ? Il n'y en a pas »

Au moins un pourtant.

« Des Algériens à Pau ? Il n'y en a pas » nous disait un politique local lors d'une de nos premières visites ici.

Au moins un pourtant.

Pas d'algérien, en langage politique, ça veut donc dire que statistiquement la population algérienne n'est pas représentative. Cela peut également signifier que, moins de 100 familles, c'est politiquement « rien ».

Au moins un pourtant.

Il était passé en novembre à l'université où il avait laissé ses coordonnées qui se sont perdues dans les limbes du web. Le même dont le numéro m'avait été communiqué par une connaissance le lendemain de mon arrivée.

Mais voilà, le travail avec les étudiants de l'Ecole Supérieure d'Art et de la Communication, la journée d'étude à l'Université de Pau sur les bibliothèques, les rdv pour tenter d'expliquer que vouloir travailler avec des Algériens ici ce n'est pas prôner le communautarisme, mais c'est penser que nous sommes des personnages historiques, que l'Immigation n'existe pas, mais qu'il s'agit toujours d'histoires particulières... et le numéro de téléphone me sort de la tête.

Il me revient enfin, il y a deux jours.

J'appelle : « Ah, il était temps que tu m'appelles ! Ça fait des mois ! »

On se rencontre le soir même. Il parle d'Abd el Kader.

J'y reviendrai.

♦ ABD EL KADER PAR ABDELKADER[S]

une tentative de biographie polyphonique avec les homonymes de l'émir

Il y a un livre homonyme, son "autobiographie", jamais trouvé... épuisé, maison d'édition disparue, rien.
Je l'ai d'abord cherché puis, non. Son absence m'a plue parce qu'elle laissait dans un premier temps un peu d'espace autour de ce personnage trop parfait, poète, guerrier, philosophe, juste...
L'ensemble des lieux où il fut incarcéré (maintenant devenus musées pour la plupart) désirent aujourd'hui lui consacrer un espace, et par là, naturellement le lisser encore un peu, le rendre un peu plus irréel. Enfermer dans l'histoire, à côté du berceau d'Henry IV, un des premiers Algériens à demeurer sur le sol français.

Quel portrait donnerai la réédition de sa biographie par ses homonymes mêmes dans chacune de ses villes-prisons ?

Nous commençons ici, et désirons rencontrer et reccueillir la biographie des personnes prénommées Abdelkader à Pau et ses environs.

Peut-être en connaissez-vous ?

♦ Une enquête pour savoir qui fleurit les tombes des deux enfants morts en 1848.

Rencontre avec le gardien du cimetière de Pau et des agents municipaux affectés au cimetière, le lundi 2 avril 2007.


Stéphanie : (Présentation d'Echelle) « Les deux petites tombes blanches des enfants d'Abd el Kader qui se trouvent là-bas contre l'ancien mur d'enceinte sont toujours fleuries. Pouvez-vous nous dire qui vient y déposer des fleurs fraîches? »

Gardien : « Je ne peux pas vous dire qui vient les fleurir, il y a beaucoup de monde qui passe pour déposer des fleurs dans le cimetière »

Stéphanie : « Et... les concessions à perpétuité ne durant plus que 99 ans, savez-vous qui a repris la concession de ces tombes ? »

Gardien : « Ca, je ne peux pas vous dire, il faudrait consulter le registre des concessions. Vous pouvez aller demander dans la maison blanche là-bas, après le virage. Des agents peuvent vous renseigner ».

...

Agents du cimetière : « La concession? Ça doit être la famille Abd el Kader là-bas, en Algérie, qui continue de financer la concession, ou peut-être des membres de la famille qui sont restés sur place...

Pour les fleurs, vous pouvez faire la garde toute la journée devant les tombes, si vous voulez... »

rires collectifs

Stéphanie : « Si les gens qui les fleurissent ne passent qu'une fois par mois, ça risque d'être un peu long... On voulait savoir si on pouvait déposer un petit mot sur les tombes pour les contacter »

Agents du cimetière : « Ah oui, si vous voulez déposer un courrier sur les tombes, vous pouvez tout à fait le faire, ça n'est pas un problème pour nous... ... Pour la concession, il faudrait que vous voyiez avec la mairie, au service des cimetières. Peut-être, ils accepteront de vous renseigner. »

♦ Visite guidée du Musée national du château de Pau, le dimanche 1er avril 2007.

Le guide : « Nous nous trouvons dans deux salles qui ont servi de prison...

...Au XIXe siècle, l'émir Abd el Kader et toute sa Smala...

Vous voyez tous qui est Abd el Kader?...

C'était un résistant en Algérie qui a combattu l'invasion Française au XIXe siècle...

... Donc, Abd el Kader et sa smala, c'était une grande famille, presque 100 personnes. Ils étaient emprisonnés dans cette salle et celle qui suit... vous pouvez constater que ça n'était quand même pas n'importe quelle prison et prisonnier, c'était en quelque sorte une prison VIP »

vue du château en 1845


Abd el-Kader le magnanime bruno etienne & François Pouillon Gallimard découverte / Institut du Monde Arabe :

« les prisonniers arrivent au château natal d'Henry IV le 29 Avril 1848 dans la nuit. Un enfant est mort pendant le trajet et l'un des fils de l'Emir décèdera quelques jours plus tard »

Smala / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne
Pau du 9 mars au 15 juin 2007
stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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