15 h 00 nouveau rendez-vous pour tenter de répondre à la question qu'est-ce qu'être Algérien à Pau.
Jours fériés, pas de bus, nous allons chercher notre interlocuteur à Ousse des bois, puis, retour à la fac pour notre premier entretien. On discute, on prend des notes, on convient d'un rendez-vous pour filmer l'entretien mais là, c'est moins sûr, la peur. Pas la peur naturelle de la caméra, ni celle de l'usage que nous pourrions faire des images, mais celle plus sourde, plus dure, de ceux qui pourraient les regarder, de ce que l'on dit ici dans l'intimité d'un bureau et de ce qui peut être dit publiquement. Être Algérien ici, à Pau, c'est aussi, et ce n'est pas la première fois que nous le constatons, avoir peur. Peur du gouvernement algérien, de son administration, de sa sécurité militaire, mais aussi du gouvernement français, des tracasseries administratives qu'il pourrait causer... Être algérien ici et en France en général, c'est souvent décrit comme vivre sur un pont au-dessus de la Méditerranée, comme être porteur de la double culture, mais c'est parfois, et peut-être toujours un peu aussi, l'angoisse, le sentiment d'être pris entre les deux fers d'un étau : le gouvernement français, le gouvernement algérien.